Fred Beer

Reporteur photographe vidéaste - Animalier - Nature - Évènements Culturels et Sportifs

La retouche photo, est-ce le mal ?

Chez les photographes, un débat récurrent et enflammé tourne autour de la retouche. Est-ce bien ? Est-ce mal ?

Quelques termes

Levons d’abord une confusion entre deux techniques : développer et retoucher.

En photographie argentique, on développe les pellicules avec des bains chimiques. Cette étape est indispensable pour obtenir des images directement lisibles.

Le terme développer est conservé en photographie numérique pour qualifier la restitution d’exposition, de contraste, de saturation ou de vibrance.

Retoucher une photo consiste à enlever ou ajouter un élément. Le recadrage fait partie de la retouche.

Les 2 techniques forment ce que l’on appelle le post-traitement.

Le format RAW (brut)

Les boitiers numériques avancés permettent d’enregistrer les photographies en RAW (c’est-à-dire l’image brute issue du capteur) et/ou en JPG (un format compressé). Le JPG est pratique pour diffuser rapidement les images sans aucun post-traitement. Cependant, il engendre une perte de qualité. Les photographes soucieux du plus haut niveau de restitution préfèrent en général le RAW. Or ce dernier délivre des fichiers très lourds. Mon boitier Sony A7IV à 33 Mo pixel génère un RAW d’environ 65Mo. D’autre part, les RAWs ne sont pas utilisables tels quels, car l’image est plate, désaturée, comme grise. Le but est de capturer le maximum d’information sans perte dans les hautes et basses lumières. Par conséquent, un développement des RAWs est indispensable pour donner vie aux images.

En vidéo, un format RAW existe sur les boitiers très haut de gamme, et un format LOG (dit « plat ») sur grand nombre de boitiers avancés.

Ma pratique de la photographie en amateur éclairé puis en professionnel passe obligatoirement par le choix du format RAW. Mon boitier est configuré pour enregistrer simultanément en RAW et en JPG sur 2 cartes différentes, par sécurité en cas de défaillance d’un enregistrement.

La composition et le cadrage

La seconde technique, sujette à débat, est donc la retouche. Dans ma pratique de reporteur, je ne maîtrise pas l’environnement et cherche à capturer des instants fugitifs. Particulièrement en photographie animalière, je ne dispose pas de beaucoup de temps pour la composition de l’image. Je ne cherche donc pas à cadrer parfaitement à la prise de vue. Je prends une marge de sécurité en cadrant plus large, afin de ne pas tronquer mon sujet. Le recadrage en post-traitement est donc pour moi une nécessité dans la plupart de mes thématiques de prédilection.

L’émotion avant tout

D’autre part, le travail du photographe vise à guider l’œil du spectateur et à produire une émotion. Et dans ce but, j’aime retravailler mes images pour améliorer la lecture de mes photos quitte à éliminer des détails distrayants ou disgracieux. Ce qui n’a pas pu être organisé à la prise de vue peut l’être dans une certaine mesure à postériori. Et je n’ai aucun scrupule à procéder ainsi. Mon but est de provoquer de l’émotion.

Tout est interprétation

L’idée que seules valent les images brutes sorties du boitier, comme étant le reflet de la réalité, est un leurre. En effet, le boitier d’emblée opère une traduction des signaux du capteur, selon des procédés savants (matrice de Bayer…). La gestion des couleurs et le respect des teints de peau sont particuliers à chaque marque (Canon, Nikon, Sony…). Les smartphones embarquent quantité de traitements instantanés pour pallier à la petitesse du capteur. De nombreuses contraintes physiques sont compensées par des algorithmes (pour les appareils numériques), afin de s’approcher d’une restitution naturelle. Mais tout cela n’est que de la traduction de signaux. Même vos yeux procèdent à des interprétations de la réalité.

Une signature

Enfin, je cherche évidemment à proposer un style d’images personnel, exprimant ma façon d’envisager le monde. Ainsi, j’aime constituer une ambiance en combinant des choix de prises de vue et un post-traitement qui puissent un jour devenir ma signature.

Et vous, si vous pratiquez la photographie ou aimez regarder des photos, quel est votre sentiment ?

Au Suivant Poste

Précedent Poste

Poster un Commentaire

© 2022 Fred Beer

Instagram
YouTube
LinkedIn
FACEBOOK
Twitter